Nulle Aide

by CLAIR OBSCUR

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about

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"Nulle Aide" was published on CD in 1999 by Trinity Records.
Its thirteen tracks were composed under the name CO2.

All songs by Christophe Demarthe except
"Chic cher" music by C. Demarthe and Xavier Bussy,
"Barake" lyrics by Sandrine Demarthe and C. Demarthe,
"Pivoine" text by Anne-Marie Koenig.

Djamel-Edine Alouache, bass guitar, bassline, vocals
Xavier Bussy, clarinet, bass clarinet, soprano saxophone
Philippe Carrez, analog synthesizers
Christophe Demarthe, vocals, programming
Nicolas Demarthe, electric & acoustic guitars, épinette des Vosges
Sandrine Demarthe, vocals
Nicolas Gorge, drums, percussions
Aline Montfort, flutes, vocals

Recorded and mixed by Bruno Dupont at Studio du Bras d'Or, Boulogne sur Mer, between December 1997 and March 1998.
Produced by Clair Obscur and Bruno Dupont.
Design by Clair Obscur.

Many thanks to Laurence & Bruno Dupont, Christophe Hémery, Damien Chalaud and Alex Storm.

This album was recorded with the help of the Conseil Régional de Picardie and the Conseil Général de l'Oise.

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PIVOINE

Mes premières plantations inclurent un pied de pivoines.
La générosité un peu grasse de ces fleurs bien en chair
qui s'alourdissent et ploient toujours gracieusement,
leur bouquet courbé comme la chute d'une ronde enfantine, me réjouit.

Les pivoines ne cassent ni ne s'affalent.
Les tiges s'arrondissent
et prennent une silhouette de jupe à panier.
Elles font de gros boutons ronds.

Ma pivoine prit tout son temps pour m'offrir son premier sourire.
Elle mit plusieurs années avant de s'épanouir vraiment,
de prendre cet air réjouissant de profusion.
Longtemps je la vis chiche, rabougrie, avare de ses fleurs.
L'avais-je mal plantée, trop au soleil ou trop à l'ombre ?
Manquait-elle d'eau ou de chaleur la boudeuse ?
Peut-être se sentait-elle importunée par le voisinage du mûrier pleureur ?
La terre en cet endroit du jardin n'est pas fameuse. J'aurais dû creuser plus profond,
l'emmailloter d'un énorme cubage de terreau.
Pour compenser je grattais, binais,
lui offrais quelques pelletées de compost...

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CONCERNANT

Il faut que, il faut qu'tu m'aides
Il faut que, il faut qu'tu m'tiennes
Il faut que, il faut qu'tu m'aides
Il faut que, il faut qu'tu m'traînes

Concernant toi et moi, il serait bien je crois
D'aller dans un endroit plein de lumière
Concernant notre amour, il serait salutaire
De quitter les faubourgs pour voir la mer

Il faut que la nuit s'achève
Il faut qu'on tienne, qu'on se redresse
Il faut que la nuit s'achève
En finir avec la paresse
Il faut que la nuit s'achève
En finir avec leurs promesses
Il faut que la nuit s'achève
Et que tout casse ou que tout cesse

Il faut que commence la guerre
Qu'on affûte nos mots comme des glaives
Il faut que commence la guerre
Du bleu, du jaune, du rouge, du vert
Il faut que commence la guerre
Jusqu'au bout et sans aucune trêve
Il faut que commence la guerre
Qu'on mette l'endroit à l'envers

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DANSE D'ICI

Do you know where it come' from ?
It come' from France,
Ah quelle exquise nonchalance
Do you know where it come' from ?
It come' from France,
Ah quelle délicieuse insouciance
Do you know where it come' from ?
It come' from France,
Il faut qu'on danse (bis)
Do you know where it come' from ?
It come' from France,
C'est une véritable urgence

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NULLE AIDE

Nulle aide, dit le hibou
Du haut de son grand chêne
Pareil, firent les coucous
Reprenant le même thème

Elle est à moi cette chanson
Moi scélérat qui sans maison
Ai squatté vos palais de rois
Les nuits où je pelais de froid
Moi qui ai volé le feu quand
Les gens aimables et bienveillants
M'ont ordonné de circuler
Me criant qu'ils étaient complets

Elle est à moi cette chanson
Moi la traîtresse qui sans pognon
Ai volé dans vos magasins
Les jours où j'avais trop trop faim
Moi qui ai volé leur pain quand
Les gens aimables et bienveillants
Attablés devant leur télé
S' régalaient de me voir crever

Elle est à moi cette chanson
Moi scélérat qui sans maison
Ayant dormi ici et là
Par décret fut mis hors la loi
Moi que les flics ont serré quand
Les gens aimables et bienveillants
Interdirent la mendicité
Dans leurs touristiques cités

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ALLONS

Allons enfants des paradis
Artificiels et frelatés
Merci aux marchands de tapis
Des désirs nouveaux qu'ils nous créent

Les petits enfants de la nuit
Lorsqu'il leur faudrait s'activer
Adhèrent aux surprise-parties
Des jours de rêve sont annoncés

On ne sait pas très bien quoi faire
On n'a plus d'imagination
On changerait bien d'atmosphère
De jardin d'acclimatation

Petite fille quelqu'un arrive
C'est un marchand de souvenirs
Il vient nous parler d'avenir
Arrive, arrive, on change de rive

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BLACK

La misère, tu disais, mademoiselle who care'
Je l'examinerai et la mettrai sous verre
Au café on causait du combat de deux frères
L'un qui savait cogner a mis l'autre sous terre

Je suis fou, je suis laid mais je comprends encore
Le fait est que chérie c'est comme si j'étais mort
le gâchis est ici ne va pas voir dehors
Il entre dans nos vies sous ses beaux habits d'or

C'est la fête, c'est super et tous les jours plus cher
Si c'est le paradis on ne peut rien y faire
On sait que tout va mal mais on n'sait plus pourquoi
Donc la pente on l'avale et après on verra

Ce sont les cannibales qui ont tué ma mère
Je l'ai retrouvée morte dévorée par les vers
Non, non, tout çà est faux maman n'a que trente ans
C'est juste que je voulais faire mon intéressant

Une farce, un canular, un bobard pas très fin
Echappe à votre fils qui est d'humeur chagrin
Il f'rait mieux de se taire, lui qui ne sert à rien
Au fait l'un des deux frères s'appelait bien Caïn

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QUI VA LA ?

Stay stay where you are
T'arrives d'où, gars
Tu parles quelle langue, gars
Connais, connais pas
Comprends, comprends pas

A i e, a i a,
dansons la capucine, y' a plus de pain chez nous
A i e, a i a,
y' en a chez la voisine mais ce n'est pas pour nous
Hé, qui va là, qui va là, qui va là, qui va là, qui va là ?

Au nom de çui-ci, au nom de çui-là
Qu'est passé par ici, qui ne reviendra pas
Au nom de çui-ci, au nom de çui-là
Qui nous a bien menti et qui n'existe pas

Stay stay where you are
T'es venu voir, gars comment qu'on vit, gars
T'en parleras, gars autour de toi, gars
On t'écoutr'a, gars, on pleurera, gars
On parl'ra d'toi, gars, on nous oubliera

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TERMINUS

Chaque fois que j'essaie, chaque fois c'est l'échec
Chaque fois que j'essaie, chaque fois c'est l'échec
Chaque fois je voudrais mais toujours ça dérape
Chaque fois je voudrais mais toujours ça m'échappe
C'est un petit mécanisme, un mécanisme qui fait tic tac
C'est un petit petit petit mécanisme, je le remonte et « à l'attaque ! »

J'habite un petit mécanisme, ce mécanisme j'l'ai dans mon sac
J'habite un petit mécanisme, c'est lui qui me sert d'interface
Pour dire bonjour on ouvre une trappe, pour dire bonjour on sort du sac
Soudain mon mécanisme m'échappe, il ne fait plus du tout tic tac

C'est un mécanisme qui se détraque, qui s'excite et puis qui dérape
Et ça fait clic et ça fait clac, j'lui mets des coups, j'lui mets des claques
Pour parler j'n'ai plus d'interface, j'me cogne partout et je m'écrase
Enfin le mécanisme se coince, il éclate et ça part en vrac

Mon mécanisme, c'est pas du toc
Il permet d'parler aux étoiles
D'accord, cette fois y a comme un voile
Mon mécanisme se disloque
J'réessaierai et j'échouerai
C'est sûr, je recommencerai
Un mécanisme qui se bloque
Moi je m'en fous, j'en ai en stock

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CHIC CHER

Tout est calme tout repose à cette heure
Ils avancent à pas feutrés
Ils accostent dans cette ville sans lueur
Qui a perdu ses secrets
Là c'est bien, ils s'arrêtent en plein coeur
En plein coeur de la cité
Car ils sont de métier colporteurs
Et apportent leur marché

Venez, venez, venez et voyez
Venez, venez et sentez
Venez, venez et touchez

J'ai de l'ail, des grigris, des douceurs,
Ça fait fuir la peur du loup
Des bouquins imprimés par erreur
Qu'ont des mots qui creusent des trous
J'ai un garde-barrière du langage
Et du ramage à plumage
De la confiture à des cochons
Des éponges absorbe-sermons

J'ai des aspirateurs d'anathèmes
Une madame prends-la quand-même
Une poupée qui dit merde et ta gueule
Un qui finira tout seul
J'ai un j'arrive pas à choisir
Et un chérie décide-toi
Une moustache qui empêche de mourir
Du en veux-tu, en voilà

Des machines qui fabriquent des machines
Et des ressources humaines
Le vrai scalp du copain d' ma frangine
Ma dernière pelote de haine
Une sonnette de vélo stéréo
Avec garde boute-en-train
Assurance pour boîte à cigares
Le sifflet du chef de gare

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SAD SONG

Je n'y arrive pas avec cette histoire.
J'écris une histoire,
C'est une courte histoire
Qui n'arrive pas.
Depuis longtemps j'y pense,
Un de ces soirs j'irai voir,
Une réponse il doit y avoir
Quelque part par là.

What a sad song !

Donc je me lève et je sors,
Traverse la ville et vais au dehors,
Arrive en un lieu
Qu'il vous sied d'imaginer.
Je suis en ce lieu et dois poursuivre au-delà,
Je suis en ce lieu et vous vous dites bouge-toi,
Va voir par là,
Sans quoi l'histoire n'arrive pas.

Je suis en ce lieu et dois poursuivre au-delà,
Je suis en ce lieu et vous vous dites bouge-toi,
Va voir par là
Mais je reste là.

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"La pivoine", extrait de "Carnets d'un jardin"
d'Anne-Marie Koenig, avec l'aimable autorisation
des Editions Bernard Grasset
© Editions Grasset & Fasquelle 1994

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released January 1, 1999

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